Rencontre avec un psychologue Interview 1

Rencontre avec Madame Caroline Le Gluher, psychologue spécialisée en psycho-criminologie et victimologie, diplômée du Master 2 de psycho-criminologie et victimologie de Rennes 2, travaillant auprès des personnes placées sous main de justice.

Etudiant : Qu’est-ce que pour vous la psycho-criminologie ?

Caroline Le Gluher : « Il s’agit d’un regard croisé pluri et transdisciplinaire sur une situation, une personne, une rencontre…

Cette approche tient compte de la globalité et de la complexité de la personne dans son contexte de vie.

Cela s’appuie sur la déconstruction des processus psychiques et sur une approche axiomatique.

Et ce, pour permettre la co-construction d’un projet, d’un changement de soi et la reconstruction d’une position »

E : Pourquoi avez-vous choisi de mettre vos compétences au service de cette population en particulier ?

 CLG : « Car la question du choix m’interpelle tout particulièrement.

A quel moment un individu est-il amené à faire tel ou tel type de choix.

Il s’agissait pour moi d’interroger la rupture, la fracture, la non-rencontre et d’envisager ce qui était devenu impossible pour eux. »

 

E : Quel(s) conseil(s) pourriez vous donner pour des professionnels s’apprêtant à travailler auprès de ce public ?

CLG : « D’aller vers ceux qui ont le moins envie de venir vers vous…

D’écouter ce qu’ils ont à dire de leur colère sur une mauvaise rencontre …

De créer un espace de liberté parmi la détention…

De s’appuyer sur leurs ressources utilisées pendant la commission des faits d’incarcération.

D’interroger la fonction du choix et d’offrir une possibilité d’y répondre à un autre endroit. »

E : A quelle(s) difficulté(s) cette population vous confronte ou vous a confronté ?

CLG : « La récidive.

Cependant il ne faut pas percevoir la récidive comme un échec mais venant apporter au professionnel du matériel, et faisant partie du processus de changement. »

E : A quelle(s) difficulté(s) le cadre pénitentiaire vous confronte ou vous a confronté ? (temps psychique / temps judiciaire).

CLG : « Le temps qui est maîtrisé par l’institution judiciaire.

De ce fait, le temps de la rencontre, entre la personne incarcérée et le psychologue est impactée par l’administration pénitentiaire : temps de l’entretien par exemple.

Par ailleurs, les révocations et les transferts ne peuvent être maîtrisés et peuvent avoir un réel impact sur le travail commencé.

Enfin, nous pouvons dans l’accompagnement être dans l’attente d’un jugement qui immobilise la préparation à l’aménagement de peine et à la sortie. »

E : Si vous ne pouviez citer qu’une seule qualité indispensable à un psychologue laquelle serait-elle ?

CLG : « La bienveillance, et tout devient possible. »

 

Merci beaucoup à Madame Le Gluher pour ses réponses et le temps précieux qu’elle nous a accordé.

A très vite pour de prochaines interviews et des articles autour de la Psycho-Criminologie et Victimologie.

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